Les grandes tendances de la formation 2024

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2024 impose aux Responsables Formation un défi de taille : maintenir la qualité de l’activité avec des budgets serrés. Quelles sont les grandes tendances qui façonneront le paysage de la formation dans les prochains mois ?

Parmi les phénomènes attendus se distinguent l'intégration croissante de l'intelligence artificielle et le glissement vers la consommation de contenus courts. Pour faire le point sur les compétences clés à développer de manière prioritaire et les formats à privilégier, vous êtes au bon endroit. Découvrez les tendances de la formation 2024. Autant de conseils à suivre pour les entreprises afin de rester agiles et compétitives dans un environnement en constante évolution.

Cet article a été rédigé grâce au précieux éclairage de Pierre Monclos, DRH chez Unow.

Formation : faire plus avec autant… voire moins

2023 n’a pas été une année en or pour les budgets de formation. Certaines entreprises ont subi les conséquences de la crise économique (inflation, hausse du prix des matières premières). D’autres organisations ont anticipé les potentielles difficultés à venir. Dans les deux cas, le budget formation s’est retrouve dans le viseur.

Il a parfois été demandé aux Responsables Formation d’organiser davantage d’actions de formation avec un budget identique. Le budget a parfois été réduit, sans que les besoins ne reculent. En clair, il s’agit de faire plus avec moins de moyens !

Cette tendance « austère » correspond à un cycle. On observe la reproduction de ce phénomène tous les trois ans, en moyenne. 2024 enregistra certainement une légère revalorisation des budgets formation professionnelle, mais de manière timorée. A noter, il s’agit bien d’une tendance générale, toutes les entreprises n’opèrent pas ce choix.

Alors comment prioriser les actions de formation lorsque le budget de formation n’est pas au plus haut ?

Les entreprises se tournent vers des valeurs refuge : retour aux essentiels. Ce sont donc les sessions de formation assurant l’adaptation aux postes de travail à long terme qui vont avoir la cote. Deux thématiques se distinguent également et ne connaîtront pas la crise en 2024 : le management et la vente. Il s’agit en effet de leviers business majeurs : les dispositifs de formation devant accompagner la performance de l’entreprise, rien de surprenant.

Les soft skills en tête de liste

En 2021, l’OCDE déclarait que la durée de vie d’une compétence technique était de deux ans. Avec l’avènement de l’intelligence artificielle générative, ce laps de temps risque d’être encore plus compressé.

A l’heure où tout va plus vite, les RH doivent impérativement bâtir un plan de développement des compétences pertinent et agile pour inscrire leurs programmes de formation dans une dynamique de succès.

Ainsi, 2024 devrait enregistrer une déferlante de formations centrées sur les soft skills. Pour rappel, il s’agit de compétences comportementales qui viennent compléter les savoir-faire liés au métier. Il peut s’agit de faire évoluer les qualités humaines (sens de l’écoute), de bonnes dispositions relationnelles, etc.

Les soft skills permettent en effet de mieux s’adapter aux besoins évolutifs des métiers. Savoir appréhender demain et évoluer en fonction des nouvelles attentes, le graal à mettre en place. Les RH doivent ainsi concentrer leur attention sur les 10 compétences clés à développer d’ici 2025 pour enrichir leur plan de formation 2024 !

Le glissement des actions de formation vers le partage de contenus

Aujourd’hui, beaucoup d’entreprises ont digitalisé leur gestion des talents. La gestion de la formation gagne en effet considérablement en efficacité et en fiabilité lorsqu’un logiciel dédié est mis en place. Nombre d’organisations font le choix astucieux de combiner un TMS et un LMS (formation en ligne). Elles sélectionnent leurs propres contenus de formation et planifient la consommation des différents formats pour les salariés concernés.

Lorsque le LMS ne propose pas assez de contenus adaptés, les RH n’hésitent plus à opérer un enrichissement en mobilisant les ressources internes. Grâce à l’IA générative, il est très facile de créer des contenus qualitatifs.

De nombreux formats sont envisageables : vidéo, infographie, audio, texte. Les avatars se multiplient pour animer des sessions de micro learning et renforcer les compétences acquises !

Un autre phénomène est en train d’émerger. Services Formation, collaborateurs, prestataires, tous les acteurs gravitant autour de l’entreprise plébiscitent la démarche. La curation de contenus déjà existants est devenue contagieuse sur le marché du travail.

C’est une tendance positive qui participe à alimenter la culture de l’apprentissage en encourage la formation continue. Point de vigilance : la curation ne sert pas le plan de formation, qui lui se concentre sur les compétences

On observe ainsi le glissement des actions de formation vers de la consommation de contenus courts. Auparavant, développer son leadership passait par une formation en présentiel dans la majorité des cas. Aujourd’hui, si ce n’est pas une compétence clé pour le métier, l’entreprise a tendance à proposer des contenus (vidéos inspirantes…) plutôt que de programmer une session de formation dédiée.

Il s’agit d’une stratégie plus ou moins gagnante selon les besoins des entreprises. Par exemple, acquérir de nouvelles compétences approfondies sur les nouvelles technologies par ce canal semble risqué.

L’IA va tirer son épingle du jeu

Sans surprise, la thématique de l’intelligence artificielle occupera une belle place dans les plans de développement des compétences 2024. Dans les faits, la formation pourra aborder 3 angles différents suivant le niveau de maturité de ces enjeux pour l’entreprise.

Les Services Formation accompagneront les équipes dans la transformation impulsée par l’IA en permettant de la communication, de l’acculturation et de la montée en compétences sur la transformation majeure qui s’amorce. Comment travailler à l’heure où l’intelligence artificielle générative envahit tous les secteurs d’activité ?

Les formations pour développer de nouvelles compétences s’adapteront donc aux trois niveaux de maturité des organisations :

  1. Peu familière (la majorité des entreprises sont à ce stade). La formation se concentrera sur l’apprentissage des fondamentaux : connaître les règles, l’IA, les outils. Les formats privilégiés seront le micro learning, les masterclass sur les règles internes de l’entreprise (les outils qu’on a le droit d’utiliser, les règles éthiques, les fondamentaux de l’IA).
  2. En cours d’adoption. La formation visera à permettre aux salariés de savoir bien exploiter les IA génératives : outils et prise en main, mesure des impacts sur les métiers et les processus de l’entreprise, etc.
  3. Niveau confirmé : ici, le plan pourra intégrer de véritables parcours de formation dédiés à l’IA. Comment devenir plus performant à l’ère de l’IA, comment manager à l’ère de l’IA : ce sont pas les thématiques qui manquent.

A noter : un nombre croissant de métiers sont impactés par l’intelligence artificielle. Cela ne se limite aux professions dites intellectuelles. Par exemple, les secteurs de la logistique ou même du service à la personne assistent à des transformations majeures. Côté RH, une prise de conscience s’impose pour ne rater cette grande tendance de formation 2024.

Internaliser ou externaliser, telle est la question (de formation)

En tant que Responsable de formation, il est possible de choisir d’internaliser la formation ou de recourir à un prestataire. Entre le choix de l’organisme de formation et les coûts associés, comment opérer le bon arbitrage pour développer les compétences des collaborateurs ?

✅Privilégier l’internalisation si…

La formation porte sur des compétence stratégiques spécifiques. On ne retrouve ces dernières que dans l’entreprise en question ou dans sa branche d’activité. Il s’agir alors d’une approche sectorielle.

On observe souvent cette démarche dans les organisations employant plus de 300 salariés. Dans les très grosses entreprises, des universités internes peuvent être mises en place pour répondre à ce besoin de formation. Lorsque l’organisation a une taille plus réduite, des experts métiers sont mobilisés pour faire monter en compétences les autres collaborateurs.

La formation porte sur des enjeux de culture ou de processus métier propre à l’entreprise, ou le besoin de formation est conditionné par un outil interne. Par exemple, imaginons une entreprise appliquant une politique managériale très particulière. Le Service RH peut faire le choix d’une formation en interne pour s’assurer que la montée en compétences s’inscrive bien dans la direction souhaitée.

Enfin, la formation 2024 sur des outils digitaux privilégiera l'interne. Le succès du dispositif a une motivation économique. Si l’éditeur de la solution vend la formation, les coûts explosent. Lorsqu’un salarié partage ses connaissances, la facture fond. Le choix est vite fait !

⚠️ A noter, il est bien important de prévoir la formation de formateurs occasionnels : être expert en pédagogie, ce n’est pas inné !

✅Privilégier l’externalisation si…

La formation porte sur des compétences génériques, comme la gestion de projet. Ce type de thématiques embarque un grand nombre de règles communes, quelle que soit l’entreprise. Pourquoi réinventer la roue en interne lorsque des formations de qualités existent déjà sur le marché ?

La formation adresse des compétences de niche. Ici, les coûts exploseraient dans le cadre de la conception d’un parcours de formation ne s’adressant qu’à quelques salariés. Il est alors bien plus pertinent de solliciter un organisme de formation ou un cabinet de conseil spécialisé.

La formation concerne un volume important de collaborateurs. Ici, le Service RH peut profiter d’un levier de négociation tarifaire intéressant avec l’organisme de formation. Des économies d’échelle sont toujours bonnes à prendre pour optimiser le budget de formation.

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