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Pourquoi et comment faire un plan de développement des compétences ?

Rédigé par Pauline Chouissa | Mar 12, 2026 9:10:17 AM

Les métiers évoluent, les compétences aussi. Pour les entreprises, la formation n’est plus seulement un outil d’adaptation, mais un levier stratégique pour accompagner les transformations et sécuriser les parcours professionnels. Comment construire un plan de développement des compétences capable de répondre à ces enjeux, tout en restant opérationnel et pilotable dans la durée ?

Définition, objectifs, étapes clés et bonnes pratiques : cet article vous donne les repères essentiels pour faire du plan de développement des compétences un outil structurant de votre politique de formation.

Qu’est-ce qu’un plan de développement des compétences ?

Le plan de développement des compétences regroupe l’ensemble des actions de formation mises en place par l’employeur pour accompagner l’évolution des compétences des collaborateurs.

Il vise à maintenir l’employabilité des salariés, à sécuriser les parcours professionnels et à répondre aux besoins actuels et futurs de l’entreprise.

Contrairement à l’ancien plan de formation, le plan de développement des compétences ne se limite pas à un catalogue de formations. Il s’inscrit dans une démarche structurée, construite à partir :

  • des compétences nécessaires aux postes,
  • des écarts identifiés lors des entretiens,
  • et des orientations stratégiques de l’entreprise.

Concrètement, il peut inclure des actions très variées : formations internes ou externes, formations obligatoires ou non obligatoires, parcours de montée en compétences, certifications, actions de tutorat ou encore dispositifs de formation en situation de travail (AFEST).

Le plan de développement des compétences constitue ainsi un outil de pilotage RH. Il permet de transformer des besoins exprimés individuellement en entretiens et analysés collectivement (people reviews, réflexion GEPP) en un plan d’actions cohérent, priorisé et aligné avec la stratégie de l’entreprise.

Pour quelles raisons faire un plan de développement des compétences ?

Mettre en place un plan de développement des compétences ne relève ni d’une obligation purement administrative, ni d’un simple exercice de conformité. C’est avant tout un levier stratégique, au service de la performance de l’entreprise et de l’engagement des collaborateurs.

 

Les raisons pour l’entreprise

Pour l’entreprise, le plan de développement des compétences permet d’abord de sécuriser les compétences clés. Dans un contexte de transformation rapide des métiers, il aide à anticiper les évolutions plutôt qu’à les subir.

En structurant les besoins identifiés lors des entretiens et des people reviews, l’entreprise peut ainsi :

  • aligner les actions de formation avec ses priorités business,
  • réduire les écarts de compétences sur les postes stratégiques,
  • accompagner les transformations organisationnelles, technologiques ou réglementaires.

Le plan de développement des compétences contribue également à mieux piloter les investissements formation. Il offre une vision claire des actions prévues, des populations concernées et des priorités, ce qui facilite les arbitrages budgétaires et évite les décisions prises dans l’urgence.

Enfin, il renforce le rôle stratégique de la fonction RH. En s’appuyant sur des données issues des entretiens, de la GEPP ou de la cartographie des compétences, les RH passent d’une logique d’exécution à une logique de pilotage et d’aide à la décision.

Bon à savoir : dans le Global Workforce Hopes & Fears Survey 2024-2025, PwC souligne que, dans un contexte d’incertitude, « la simple satisfaction au travail ne suffit plus » : les collaborateurs accordent de l’intérêt à la croissance de leurs compétences et à la capacité à accélérer leur carrière.

 

Les raisons pour les collaborateurs

Côté collaborateurs, le plan de développement des compétences est un signal fort. Il montre que l’entreprise investit dans leur évolution professionnelle et ne se contente pas de répondre à des besoins immédiats.

Il permet notamment de :

  • clarifier les attentes en matière de compétences,
  • donner de la visibilité sur les perspectives d’évolution,
  • renforcer l’employabilité à court et moyen terme.

Lorsqu’il est bien construit, le plan de développement des compétences fait le lien entre les échanges individuels en entretien et les décisions collectives. Les collaborateurs comprennent mieux pourquoi certaines formations sont prioritaires et comment elles s’inscrivent dans un projet plus global.

Résultat : plus de cohérence, plus de transparence, et un impact positif sur l’engagement et la fidélisation.

Bon à savoir : dans le Workplace Learning Report 2024, LinkedIn montre que les entreprises avec une forte culture d’apprentissage enregistrent jusqu’à 57 % de taux de rétention en plus, 23 % de mobilité interne en plus et un pipeline managérial 7 % plus solide que les autres.

Que doit inclure le plan de développement des compétences ?

Il n’existe pas de modèle unique de plan de développement des compétences. Son contenu dépend de la taille de l’entreprise, de son organisation et de ses priorités. Pour autant, un plan efficace repose toujours sur quelques éléments structurants, indispensables pour passer d’une intention à un véritable outil de pilotage.

 

Une identification claire des besoins en compétences

Le point de départ du plan de développement des compétences est l’analyse des besoins. Ces besoins peuvent être identifiés à plusieurs niveaux :

  • au niveau individuel, lors des entretiens annuels ou professionnels,
  • au niveau collectif, à partir des people reviews,
  • au niveau stratégique, via une réflexion GEPP sur l’évolution des métiers.

Ainsi, vous êtes capable de distinguer les besoins immédiats (liés au poste actuel) des besoins à moyen terme (évolution du métier, mobilité, transformation de l’organisation).

 

Les actions de formation prévues

Le plan doit ensuite lister les actions de formation envisagées. Il peut s’agir de formations techniques, de formations liées aux soft skills, de parcours de montée en compétences ou encore de certifications. L’objectif n’est pas d’être exhaustif, mais de rendre lisibles les choix effectués.

 

Les populations concernées

Un plan de développement des compétences ne s’adresse pas nécessairement à tous les collaborateurs de la même manière. Il est donc important de préciser :

  • les métiers ou fonctions ciblés,
  • les niveaux de séniorité concernés,
  • les populations prioritaires identifiées lors des arbitrages RH.

 

Les modalités de mise en œuvre

Pour être opérationnel, anticiper la charge, organiser la logistique et sécuriser le déploiement des actions de formation, le plan doit préciser :

  • le calendrier prévisionnel des actions,
  • les modalités d’organisation (temps de travail ou hors temps de travail, présentiel ou distanciel),
  • les ressources mobilisées, internes ou externes.

 

Les indicateurs de suivi

Enfin, un plan de développement des compétences efficace intègre des indicateurs de suivi nécessaires pour évaluer l’impact des actions menées et ajuster le plan dans le temps.

Ils peuvent porter sur :

  • la participation aux formations,
  • la montée en compétences observée,
  • l’atteinte des objectifs fixés.

 

Comment construire un plan de développement des compétences ?

Étape 1 : Partir des besoins exprimés sur le terrain

La première étape consiste à recueillir les besoins en compétences au plus près des équipes. Ces besoins émergent principalement lors :

À ce stade, il ne s’agit pas encore de décider, mais de collecter et formaliser les besoins exprimés par les collaborateurs et leurs managers.

 

Étape 2 : Croiser les besoins individuels avec la vision collective

Les besoins recueillis doivent ensuite être analysés à l’échelle de l’organisation. L’objectif est de passer d’une logique de recueil à une logique d’analyse et de priorisation. En pratique, cet exercice s’appuie sur les people reviews et les travaux de GEPP qui permettent de :

  • prendre de la hauteur,
  • identifier les compétences critiques,
  • repérer les écarts prioritaires à traiter.

 

Étape 3 : Arbitrer et structurer le plan

Une fois les priorités définies, la fonction RH peut structurer le plan de développement des compétences :

  • en sélectionnant les actions de formation pertinentes,
  • en définissant les populations concernées,
  • en tenant compte des contraintes budgétaires et organisationnelles.

C’est à ce moment-là que le plan prend forme, avec une vision claire des actions retenues et de celles qui ne le sont pas.

 

Étape 4 : Consulter le CSE

Dans les entreprises d’au moins 50 salariés, le Comité social et économique (CSE) doit être consulté sur le plan de développement des compétences.

Cette consultation porte notamment sur :

  • les orientations de la formation professionnelle,
  • les actions envisagées,
  • les conditions de mise en œuvre.

 

Étape 5 : Déployer et suivre le plan dans le temps

Une fois le plan validé, déployez et suivez les vous pour :

  • vous assurer de leur réalisation,
  • mesurer leur impact,
  • ajuster le plan en fonction de l’évolution des besoins ou du contexte.

 

Pourquoi utiliser un TMS pour élaborer votre plan de développement des compétences ?

Le plan de développement des compétences mobilise plusieurs acteurs et s’inscrit dans des temporalités différentes : recueil des besoins, arbitrages RH, déploiement des actions, suivi dans le temps. Pour les équipes RH, l’enjeu consiste à garder une vision claire et cohérente de l’ensemble, sans multiplier les outils ni alourdir les processus.

Un TMS (Training Management System) apporte ce cadre structurant. Il centralise les informations liées à la formation et facilite la mise en œuvre opérationnelle du plan de développement des compétences, depuis l’identification des besoins jusqu’au suivi des actions.

Pour aller plus loin, certaines solutions comme Skillup intègrent également une brique de gestion des compétences, afin de relier les actions de formation aux enjeux métiers et organisationnels.

 

Structurer la démarche et fiabiliser les données

En s’appuyant sur un TMS, les équipes RH disposent d’un environnement unique pour consolider les besoins issus des entretiens, suivre les décisions prises lors des arbitrages et formaliser le plan. Les données sont centralisées, mises à jour et accessibles, ce qui limite les ressaisies et les risques d’erreur.

Cette structuration facilite également la préparation des temps forts RH, comme la consultation du CSE ou les revues internes, en s’appuyant sur des informations fiables et partagées.

 

Fluidifier les échanges entre RH, managers et collaborateurs

Un TMS permet d’impliquer plus facilement l’ensemble des parties prenantes. Concrètement, les collaborateurs accèdent à une offre de formation lisible et peuvent suivre leurs demandes. Les managers disposent d’une vision sur les actions prévues pour leurs équipes et sur l’avancement des formations.

 

Piloter le plan dans la durée

Au-delà de la construction du plan, un TMS facilite son suivi tout au long de l’année. Les équipes RH peuvent analyser l’avancement des actions, le budget engagé et les résultats observés, afin d’ajuster le plan en fonction de l’évolution des priorités ou des besoins.

Le plan de développement des compétences devient ainsi un dispositif vivant, piloté dans le temps, et pleinement intégré à la stratégie RH.

 

Les écueils les plus fréquents dans la construction d’un plan de développement des compétences

  • Construire le plan comme une addition de demandes individuelles. Sans analyse collective ni arbitrage, le plan manque de cohérence et peine à servir les priorités de l’entreprise.

 

  • Traiter la formation indépendamment des compétences. Un plan déconnecté d’une cartographie des compétences ou d’une réflexion GEPP limite son impact à moyen terme.

 

  • Figer le plan en début d’année. Les besoins évoluent, sans ajustements en cours d’année, le plan perd rapidement en pertinence.

 

  • Manquer d’outils de pilotage et de suivi. Sans indicateurs fiables, le plan reste déclaratif et difficile à piloter dans la durée.

 

En résumé, le plan de développement des compétences permet de structurer la politique de formation et d’aligner les besoins en compétences avec les priorités de l’entreprise. Pour être efficace, il doit :

  • s’appuyer sur les besoins identifiés et analysés collectivement,
  • articuler formation et compétences,
  • être piloté et ajusté dans le temps.

Pour vous aider à le construire concrètement, Skillup propose un template de prompt pour concevoir votre plan de formation : télécharger le template.

FAQ - Plan de développement des compétences

Le plan de développement des compétences est-il obligatoire ?

Le Code du travail n’impose pas la formalisation d’un plan de développement des compétences. En revanche, l’employeur a l’obligation d’assurer l’adaptation des salariés à leur poste de travail et de veiller au maintien de leur employabilité (Art. L4121-1 et suivants du Code du travail).

Le plan de développement des compétences constitue un outil structurant pour répondre à ces obligations et en assurer la traçabilité.

 

Quelle est la différence entre plan de formation et plan de développement des compétences ?

Le plan de développement des compétences a remplacé le plan de formation depuis la réforme de la formation professionnelle.

Il adopte une approche plus large, centrée sur l’évolution des compétences, l’employabilité des salariés et l’anticipation des besoins futurs de l’entreprise.

 

Que doit contenir un plan de développement des compétences modèle ?

Un plan de développement des compétences modèle comprend généralement :

  • l’identification des besoins en compétences,
  • les actions de formation prévues,
  • les populations concernées,
  • un calendrier prévisionnel,
  • des indicateurs de suivi.

Son contenu doit être adapté au contexte et aux priorités de l’entreprise.

 

Comment construire un plan de développement des compétences efficace ?

Un plan de développement des compétences efficace s’appuie sur les besoins exprimés lors des entretiens, une analyse collective des compétences et des arbitrages RH alignés avec la stratégie de l’entreprise.

Son efficacité repose également sur un suivi régulier et sur l’utilisation d’outils adaptés pour piloter les actions dans le temps.